La mode n'est plus aux gros 4X4 gourmands en carburant mais aux petites voitures économiques. Depuis la flambée du prix du pétrole à la pompe et l'instauration de l'éco-taxe sur les rejets de CO², les ventes de petites citadines ne s'étaient jamais aussi bien portées alors que celles des 4X4 se sont littéralement effondrées.
Ce bouleversement du marché français arrive à point nommé pour Daihatsu qui lance sa nouvelle Cuore, une petite citadine économique à l'appétit de chameau, bien dans l'ère du temps.
Mais c'est qui ce Daihatsu ?
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, Daihatsu n'est pas le nom d'un Pokémon mais bel et bien celui d'une marque automobile ! Qui plus est, le plus ancien constructeur du soleil levant. Placé aujourd'hui sous le giron du géant Toyota, Daihatsu a fait des petites voitures de moins de 4 mètres, les Midgets comme ils les appellent au Japon, sa spécialité.
La marque est encore méconnue en France, pourtant ses voitures, plus originales les unes que les autres, séduiraient plus d'un automobiliste. Comment résister au look de jouet du petit roadster Copen, aux formes cubiques et décalées du Materia ou encore à la Trevis, véritable réincarnation de l'Austin Mini. Daihatsu a toujours su donner une personnalité à ses produits et c'est ce qui fait son charme.
Panne d'inspiration ?
Pour un constructeur qui nous avait habitué à des voitures originales, la découverte de cette septième génération de Cuore est une demi-déception. Son manque de sex-appeal fait qu'elle se fond rapidement dans la masse et ses lignes très carrées la ferait presque passer pour une voiture sans permis. Pas très flatteur...
L'habitacle est logé à la même enseigne. La présentation manque de gaité, la qualité des plastiques laisse franchement à désirer, même pour une voiture de ce gabarit, et les assemblages sont approximatifs.
On se consolera avec une ergonomie plutôt bien étudiée, des rangements pratiques et des compteurs cerclés de chrome comme dans une voiture de sport.
Une habitabilité record pour la catégorie
Si les qualités de la Cuore ne se trouvent pas au niveau du design et des matériaux, il en est tout autrement de l'habitabilité qui se révèle être l'un des points forts de la japonaise. Petite de l'extérieur, la Cuore a tout d'une grande à l'intérieur grâce à son astucieuse banquette qui coulisse sur 25 cm permettant soit à deux adultes d'être parfaitement à l'aise, soit de disposer d'une capacité de coffre égale, voire supérieure à celle d'une berline familiale.
En outre, l'accès à bord de la Cuore est on ne peut plus simple grâce à l'ouverture des portes à 90°.
Bonus écologique à la clé
Synergie de groupe oblige, la Cuore partage sa mécanique avec sa cousine Toyota Aygo et le duo français Citroën C1 / Peugeot 107. Son petit 3 cylindres essence, conçu et développé par Daihatsu, étonne par sa pétulance et sa hargne à monter en régime malgré sa puissance restreinte. Il faut dire que la japonaise affiche un poids plume de seulement 765 kg !
Les performances sont plus qu'acceptables pour une auto de ce segment et suffisent largement à un usage urbain auquel la Cuore se destine principalement. Grâce à sa faible cylindrée, le moteur affiche une sobriété de diesel : 5,7 litres/100 km de moyenne affiché par notre ordinateur de bord (4,5 litres/100 km selon Daihatsu) et des rejets de CO² inférieurs à 120 g/km. A vous la prime écologique de 700 € et les économies à la pompe.
Comme sur un bateau
En ville, la Cuore est un vrai régal à conduire : ses 3,46 mètres se faufilent partout, son faible diamètre de braquage (8,4 mètres seulement) et sa direction assistée la rendent très maniable, ses freins (disques pleins à l'avant, tambours à l'arrière) sont efficaces et l'attaque à la pédale est bien plus franche que sur une Toyota Aygo. Et que dire de son petit moteur qui sonne aussi bien que le Flat-6 d'une Porsche !
Les choses se gâtent lorsque le rythme s'accélère. Sur autoroute, la mauvaise insonorisation du moteur et les bruits aérodynamiques fatiguent à la longue et la boîte trop longue sur les deux derniers rapports pénalise les reprises.
Mais le plus surprenant au volant de la Cuore c'est le comportement routier. Chaque virage doit s'aborder avec précaution sous peine de se faire quelques sueurs froides. En effet, la japonaise est chaussée de roues de patins à roulettes (jantes de 13 pouces) à la tenue de route précaire et son châssis tangue comme un bateau dans une mer déchaînée. Pas très rassurant...
Conclusion
Contrairement aux autres modèles de la marque qui misent sur leur originalité pour séduire la clientèle, la Daihatsu Cuore profite de la crise de l'or noir pour promouvoir ses qualités de petite voiture économique et peu polluante.
Et si ses tarifs sont légèrement supérieurs à ceux d'une Toyota Aygo (à partir de 9990 €, hors bonus écologique de 700 €), elle se rattrape par un équipement complet, une astucieuse banquette coulissante et une garantie de 5 ans comprenant l'entretien pièces et main d'oeuvre. Chapeau !

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Article du 25/07/2008
Julien Sarboraria
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